Archipel de Lamu, 27 janvier, 19h00
Nous longeons le Kenya en direction du nord. En mer, quand la terre est encore visible, mais suffisamment loin, on s’abandonne naturellement à penser que nous sommes dans un lieu familier, cette côte là-bas ne peut être qu’une côte bretonne ou charentaise. On se force un peu. Et soudain, comme pris par surprise, on réalise que c’est le continent africain qui nous fait face. Durant la traversée, jamais la lune ne fut si rouge, sur l’horizon, entre le noir du ciel et le noir de la mer. On ne voyait qu’elle. Ce n’était pas comme un soleil, boule incandescente qui n’a de cesse de brûler de l’énergie et qui ne trouve jamais le repos. La lune était rouge, un rouge orange épais, opaque, sans brillance, dont la beauté hypnotique inspirait la quiétude.
Arrivée à Shela
Dans Force 4, mais surtout un vent contraire qui ne nous permet pas d’utiliser la voile, 36 heures de moteur furent nécessaires pour engloutir les 100 milles qui séparent Kilifi de l’archipel de Lamu. Lamu, prononcé Lamou, est une ville, une île et un archipel. A la tombée de la nuit, nous mouillons en face de Shela. Cette petite bourgade fait office de phare, à l’entrée de la passe entre l’île de Lamu et l’île de Manda. Des dunes d’un banc rosé, recouvert de rôniers, petits palmiers vert gris, nous accueillent de leur bienveillante rondeur. En mimétisme se confond avec le sable un véritable château de corail rose, qu’on pourrait croire posé là, juste pour assouvir l’imaginaire, comme dans un dessin d’enfant. Les contes des milles et une nuit ont sans doute dû être écrit ici. Demeures gigantesques aux murs blancs immaculés, aux allures de contrées princières, jardins secrets et lumières de toute part jaillissent du rivage. Des boutres millénaires sont disposés ici ou là, pour parfaire la composition, devant ces maisons sans jetée, bordées par une avancée où l’on ne peut marcher qu’en file indienne.
Lamu,
Zanzibar, Malindi et Lamu ont été les principaux pôles d’échanges avec l’Inde et l’Arabie vers le Xème siècle. L’exportation vers l’Inde et la péninsule arabique avec le vent des moussons, d’ivoire, de corne de rhinocéros, de carapace de tortue et l’émigration d’arabes sous l’ère du prophète Mahomet ont donné naissance à une culture unique, la culture swahili, présente sur toute la côte Est d’Afrique. Il ne faut donc pas s’étonner que l’endroit vive au rythme, cinq fois par jour, de l’appel du muezzin, prononcé mousseline, l’appel à la prière chez les musulmans, que les enfants aillent à l’école coranique le samedi matin et que les femmes revêtent leur bui-bui, voilée en noir des pieds à la tête, bien qu’au Kenya, l’islam ne concerne guère plus de 8 % de la population totale. A Lamu, on ne compte pas moins de 26 mosquées et deux pèlerinages à Lamu en vaut un à La Mecque (c‘est déjà pas mal).
Lamu a été aussi le repère en son temps des hippies, qui avaient auparavant fait escale à Goa, en Inde.
Sun Dance est le seul bateau de plaisance en visite par ici, si bien que très peu de temps suffit pour qu’à terre, tous sachent qui nous sommes. Au bout de quelques jours, nous serrons la main aux gars du coin, qui nous appellent, papa, mama ou sister. Il ne passe jamais cinq minutes avant qu’un des leurs viennent s’installer pour discuter de la pluie et du beau temps si, par hasard, on se retrouve seul à boire un jus de fruit. Au passage, les jus de fruit pressés sont une spécialité à Lamu dont il faut abuser, car partout ailleurs, on vous sert essentiellement de la mangue ou du fruit de la passion en bouteille.
Lamu est un enchevêtrement de ruelles d’un mètre au plus. Les voitures ne circulent pas sur l’île. La rue principale, parallèle au front de mer, concentre les échoppes, le marché, et une place centrale où siège un vieux fort. Le dimanche particulièrement, elle se gorge de ses habitants. Vous n’entrerez pas à Barraka Gallery, charmante boutique tenue par une australienne, qui y expose ses créations, sans au préalable retirer vos souliers. C’est à cause des crottes d’âne dans les quelles vous n’aurez pas manqué de marcher, tant elles jonchent de toutes parts le sol de Lamu. L’âne remplace la voiture et sert au transport de marchandises. Les ânes, avec les chats, ont investi les lieux et ils ajoutent une touche très plaisante à ce décor médiéval. Sachez que les ânes ont la priorité, et que s’ils trottinent à une vitesse pour le moins élevée compte tenu de l’étroitesse des passages, il ne faut pas s’attendre à ce qu’ils ralentissent à la vue de l’éventuel obstacle que vous pourriez constituer. L’agitation augmente à mesure que l’on se rapproche de la mer, tant par le nombre d’ânes et d’individus qui piétinent le sol poussiéreux que par l’animation prenante des allers et venues des boutres.
Les dhaws,
Le Kazkazi, ce vent soutenu et sec de Nord-est, commence à souffler en fin de matinée de décembre à avril. Anormalement fort pour la saison, le kazkazi soulève le sable et la poussière de la petite ville de Lamu. Les capitaines de boutres se plaignent de son irrégularité et doivent partir la nuit pour pêcher, quand celui-ci faiblit. L’archipel de Lamu serait autre sans ces centaines de dhaws, échoués sur le sable, mouillés en bordure de terre ou plus naturellement en train de naviguer. On les entend à peine longer la coque de notre bateau. Leur marche silencieuse n’a de cesse de nous captiver. Inconscients d’être porteurs de tant d’émerveillement, c’est l’insouciance de leurs équipiers, leur joie sur le bateau, perchés au bout d’une planche de bois pour faire contre balancier, c’est leur jeunesse d’âme qui donnent aux boutres tant de charme.
Ce spectacle est d’un autre temps, de celui, vous savez, qui nous est inconnu parce que nous avons inventé d’autres choses par la suite censées être plus performantes. Ce temps là est retrouvé, comme par enchantement, comme quelque chose d’inespéré. On se surprendrait presque à remercier un Dieu auquel on ne croit pourtant pas d’avoir bien voulu préserver cet endroit de l’influence que le temps a sur l’homme. Dans cet archipel, plus encore ici que partout ailleurs en Afrique, les hommes ne veulent ni améliorer, ni accumuler, ni capitaliser. Ils font, comme leur père avant l’a fait, de la construction de dhaws, un peu de pêche ou du transport de bois de mangroves d’une île à une autre. Ils calent leur mât avec des bouts de vielles sandales, ils lestent le bateau avec des sacs de sables. Et pourquoi Diable, en serait-il autrement ? La culture swahilie est née au Xème siècle des échanges commerciaux entre l’Inde, l’Arabie et l’Afrique. Depuis lors, le boutre est resté inchangé. Tout en bois, la coque bien ronde, comme un mammifère en gestation, supporte un mât et une vergue qui est hissée à la force de deux ou trois hommes pour un bateau de 8 mètres. Une fois mise en l’air, une large voile en coton, sans bôme, se déroule et dévoile sa belle forme triangulaire.
Le tourisme a beaucoup contribué dans les années 70 à redonner un peu de souffle à l’archipel, aujourd’hui à l’écart des grandes routes maritimes. On emmène en voyage les occidentaux en mal d’authenticité. On pourrait croire que le lieu est devenu une attraction touristique. Il n’en est rien. Les enfants continuent à construire leur boutre en modèle réduit et à les faire naviguer à marée basse sur l’eau stagnante entre les bancs de sable, pour apprendre, disent-ils, et pouvoir faire plus tard comme leur grand frère. Les chantiers de construction de boutres restent dissimulés dans trois ou quatre villages de Lamu District, clôturés seulement d’une ou deux planches de bois, et couverts d’un toit en feuilles de palmiers.
Ile de Manda – Ruine de Takwa
Cela fait penser à un fleuve. Des bras de mer se dispersent entre ces îles qui touchent presque le continent. Nous entrons en boutre dans un petit chenal, contournant la magnifique langue de sable qu’est l’île de Manda. La marée n’est pas tout à fait haute mais on ne peut pas attendre, la fin de journée s’annonce, et la traversée au près jusqu’aux ruines de Takwa prend encore une heure ou deux. L’équipage descend du bateau qui s’est échoué pour le pousser, comme une veille auto qui refuse de démarrer. L’eau mélange de bleu, de vert et de marron borde des terres qui ne sont que mangroves. Dans la lumière du jour qui s’affaisse, les racines à découvert s’entrelacent et leurs couleurs havane, noire ou beige se mélangent alors. Le contraste avec le vert pétillant des feuilles forme trois bandes de couleur uniforme très douces à l’œil, vu de notre boutre, d’où l’on voit défiler un même paysage.
Takwa est un endroit caché. Un hymne à la beauté sauvage. Là où sont passés des hommes et là où plus aucune trace de vie humaine n’existe, règne toujours une atmosphère très étrange. Il plane ici quelque chose d’apaisant, comme si les habitants de ce village, après la lutte et l’acharnement, s’étaient enfin libérés d’un poids en abandonnant le lieu. Les ruines de Takwa, à la tombée du jour, déclinent toutes sortes de brun, qui vont jusqu’au reflet d’or : la terre sablonneuse, les pierres rongées par le temps, les troncs éléphantesques des baobabs. Nous avons pénétré le site par l’intérieur, par les chemins sinueux que seuls connaissent les locaux. A cette intimité s’oppose une ouverture sur l’océan, à une centaine de mètres, que nous ne soupçonnions pas. Elle ne se dévoile qu’en marchant et en sortant des ruines. Takwa devait être à cette image, secrète et réservée.
Lorsque nous repartons vers Lamu, il fait presque nuit. Les palétuviers ont refermé sur nous leurs bras sombres qui nous enveloppent tel un manteau. Le vent bien établi au portant pousse l’embarquement tranquillement vers sa destination. Notre capitaine est plus détendu. Il entonne un air en swahili que reprennent immédiatement en cœur ses deux coéquipiers. L’écope, un simple bidon amputé de son socle, se transforme dans l’instant en caisse de résonance. Une autre main vient frapper régulièrement le bois de la coque, et je sens les vibrations, assise sur ce même bois, remonter dans tout le corps. La magie de la musique est intacte, elle opère sur nous presque instantanément. Le noir de la nuit permettrait-il de nous concentrer uniquement sur nos sensations que nous en oublierions les heures et l’espace et c’est ainsi que nous glissons sur l’eau, au son émouvant de trois voix africaines à l’unisson.
Les maisons swahilies
Les maisons swahilies sont toutes construites sur le même schéma et elles traduisent un mode de pensée très attachant. L’entrée tout d’abord témoigne d’un respect et d’un accueil hors du commun, en même temps qu’une méfiance naturelle. La porte en bois, ornée de mille sculptures est cernée par deux bancs incrustés dans le mur, qui invitent à patienter. La femme, cachée par un pan de mur qui permet à la voix de faire écho, interroge alors le visiteur.
La maison fait aussi une place importante aux enfants, et cet espace défini montre combien leur environnement est sécurisé, et sous l’autorité de leurs parents. On leur réserve la première galerie, les filles d’un coté et les garçons de l’autre. Ils peuvent jouer dans l’entrée qui est ouverte sur l’extérieur par un vide en haut du mur, et où l’air frais circule le plus. Les marches qui permettent l’accès au premier étage et à la cuisine sont très hautes, afin de les empêcher d’entreprendre une trop aventureuse ascension. Les murs sont parsemés jusqu’en haut de petites niches, des vidakas, où seront cachés milles et une choses interdites aux enfants.
La seconde galerie est consacrée aux parents. La dernière est un espace dédié aux femmes pour accoucher et aux mourants. Un passage communique avec la salle de bain. Dans la baignoire, une assiette au fond fait un creux qui permet au poisson de respirer en cas de manque d’eau. Le poisson mange les moustiques. Les pièces sont sombres, la lumière entre par de minuscules meurtrières. A l’étage, la cuisine ouvre sur le toit qui sert de terrasse, à la même hauteur que les autres pour ainsi mieux discuter avec son voisin le soir.
La cuisine, aujourd’hui encore se fait au feu de bois. Le Pilau, savant mélange d’origine swahili de viande et de riz cuit des heures dans un mélange de curry, de gingembre, de cannelle, de cardamome, de coriandre et de clous de girofle. Un délice pour le palais.
Les maisons sont en pierre de corail, le corail est brûlé et réduit en poudre, ce qui en fait un ciment excellent. Le rouge (bois de mangrove) et le noir (charbon de bois) dominent pour le soin apporté aux décorations sur les murs.
Le Peponi hôtel
Sur la côte kenyane, vous ne trouverez pas un voyageur digne de ce nom qui ne connaisse le Peponi Hôtel. C’est le repère, le lieu de retrouvaille. Peponi signifie paradis en swahili. L’hôtel aurait tout aussi bien pu s’appeler phare, car il se trouve à l’entrée de la passe. Sans être luxueux, tout de même 300 dollars la nuit, le Peponi fait penser à la maison cosy d’un riche propriétaire, qui invite ses amis faire la fête tous les soirs de la semaine. Les murs blancs, le style épuré, la parfum de jasmin et des frangipaniers, les touches de bois, les photophores de la terrasse vue sur mer, les grappes d’orchidées qui tombent au dessus du patio…Et le spectacle de la faune ambiante qui ravit l’œil, des femmes raffinées, jeunes et moins jeunes, dans leur blanche parure, avec des bijoux modernes, un regard détaché. Les hommes aux rides comme des cicatrices, aux cheveux décolorés par le soleil, au sourire charmeur. L’assurance désinvolte, leur contenance naturelle, l’air nonchalant, ces hommes avec à leur bras une belle métisse, sublime, dont l’allure trahit une intelligence feinte. Et l’alcool, l’alcool insidieux, encore un peu plus chaque soir.
Je me promène jusque dans le jardin, le silence m’environne. A l’image de ces instants, les soirs de fête, où l’on s’échappe contraint et forcé pour aller aux toilettes et où, hors du tourbillon et de l’ivresse, on prend conscience soudainement du moment vécu. Je suis allongée sur une natte suspendue à un arbre par les quatre coins, doucement, je la fais balancer au dessus du vide, le regard se perd dans les feuilles du palmier qui flottent au vent et au-delà dans le ciel noir que mille étoiles viennent illuminer. Le moment possède ce quelque chose de magique, parce que d’autres vivent dans le bruit et l’indifférence la beauté du lieu, l’obscurité paisible et l’air qui glisse sur ma peau tel le souffle chaud d’un animal.
Lorsque nous regagnons le bateau, il est à peine minuit passé. En ombre chinoise, nous voyons au loin cette scène de théâtre. Les corps s’enlacent, ondulent, la musique n’est plus qu’un flot, et ainsi passent les nuits, au Peponi hôtel.
Matondoni,
Shela, Lamu et Matondoni sont les trois uniques villages de l’île de Lamu. Matondoni est caché, coupé du monde, de l’île même. Nous traversons pendant une petite heure ce qui ressemble à un fleuve, eau saumâtre bordée de palétuviers. La jetée du village est recouverte de petites têtes africaines qui nous regardent manœuvrer pour jeter l’ancre. L’activité principale semble être le tissage des feuilles de palmier. Nous avons commandé une natte pour le sol du cockpit, deux hommes sont venus la couper sur mesure.
Nous avons amené un poulet à une fille du village pour qu’elle le cuisine. L’absence de gaz à bord s’est révélée être très positive, car la femme a obtenu de ce poulet rachitique trois plats différents et délicieux : un grillé, un épicé et un dernier mariné. Le midi, nous avons mis les pieds sous la table du Tabasam Café, le seul restaurant de Matondoni. La cuisine se limite à un feu de bois sur le sol poussiéreux, une kenyane pile le gingembre et les poissons entiers sont fris dans l’huile. Le jeune père de famille nous apporte une bassine d’eau pour se laver les mains et des chats squelettiques quémandent les restes. Dans l’entrebâillement de la porte défilent des hommes qui s’arrêtent pour nous saluer, malgré la charge qui pèse sur leur dos, et on entend le grognement de chat que des enfants s’amusent à provoquer. La cruauté chez les enfants est universelle.
Je me suis installée sur la jetée pour dessiner. Je sens derrière mon épaule la respiration retenue d’une quinzaine d’enfants, leur regard qui ne se détache pas de l’empreinte que laisse la pointe colorée sur la feuille, des mies de gomme après son passage, du dessin qui prend forme. Je n’ose pas me retourner, je ne sais s’ils sont comme les chats qui ronronnent, hypnotisés par les gestes répétés de leur maître, ou si c’est la couleur de ma peau, ou celle de mes crayons qui leur fait tant d’impression. J’imagine la douceur de leur regard, la tête légèrement inclinée, la bouche close. Ces enfants s’échappent dans la fenêtre d’images que les moments de la vie leur offrent, comme d’autres ailleurs le font devant une illustration de livre pour enfant.
Une vielle femme très maigre est assise à califourchon sur son siège ; entre ses cuisses, elle râpe une noix de coco. Elle ne parle pas, mais ses sourires me fascinent. Du matin au soir, cette femme râpe, tisse, écaille, nourrit. Immuable est son quotidien. Et ses sourires le sont aussi, et il me semble impossible à notre condition de Blanc de les comprendre, et les sourires, et cette vie là, et j’ai si peu de moyens à ma portée pour tenter de rationaliser que je préfère de loin la fascination aux hypothèses maladroites et cartésiennes.
Départ de Lamu et retour sur Kilifi, 6 février, 9h00
Sur le chemin du retour, nous mouillons à coté d’un haut-fond que notre carte marine ne mentionne pas. Au milieu de la mer, un îlot rocheux surgit. Nous enfilons les masques et les tubas. François et Martine se sont même munis d’un couteau et se font un régal sur place d’huîtres on ne peut plus fraîches. J’y aurais aussi vu mon premier requin, et ma foi, il va falloir s’en convaincre, certainement pas le dernier. Au premier coup d’œil, je n’ai pas compris, le poisson devait faire un mètre au plus. Au bout de quelques secondes, j’ai tout d’un coup réalisé, comme si les yeux n’avaient pas voulu fournir l’information au cerveau dans un premier temps, que le poisson en question avait la gueule d’un requin. Si je ne savais pas qu’en pareille circonstance, il faut absolument garder son sang-froid, Michel serait sans doute noyé à l’heure qu’il est. Je me suis contentée de sauter sur lui en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, histoire de mettre un obstacle entre le fameux requin et moi. Et de continuer jusqu’au zodiac, en réfrénant des petits cris de panique et en serrant aussi fort que j’ai pu, afin de ne pas hurler, ce que j’avais sous la main, le bras ou un morceau de peau de Michel. Josiane s’amusait du spectacle, nous regardant du zodiac gesticuler et patauger dans l’eau cristalline. Certes, la scène se prêtait plus au comique que je voulais bien le croire…
Martine et François sont rentrés en France. Josiane est rentrée à Mayotte. Les départs, c’est ça, cette vie là est faite d’au revoir. Et on a toujours un peu le cœur serré.
Le kenya : L’archipel de Lamu